Mont-Soleil,
l'open air qui met du soleil entre les oreilles

Mont-Soleil est le premier festival européen dont la consommation est entièrement compensée en énergies renouvelables (éolienne et solaire d'où le nom des deux scène: Wind stage et Sun stage) et ses organisateurs en sont fiers. Ils peuvent aussi être fiers de leur programmation qui amène sur leurs scènes des groupes de renommée locale et internationale, ils se mélangent et partagent le même public, conquis et/ou curieux, qui vient là pour l'ambiance et surtout pour s'en mettre plein les oreilles, ils ne seront pas déçus surtout que le beau temps était au rendez-vous.

Jeudi soir, la machine du festival se met doucement en marche. Tout d'abord, deux groupes régionaux, Y825 et Carnation, se suivent et donne leur meilleur pour un public venu principalement applaudir l'artiste suivant, Eagle-Eye Cherry. Jesse Malin était prévu, mais Carnation l'a remplacé au pied levé, en effet le new-yorkais est actuellement en procès. 22h, pas une minute de retard, Eagle-Eye Cherry fait son apparition et une délicieuse folie commence. Captivée tout en douceur, l'audience se laisse emporter par la musique et le style qui sont propre à cet artiste suédois. Et lorsque le concert se termine, tous les spectateurs s'en retournent avec la mélodie de "Save tonight" trottant dans leur tête.

La programmation extraordinaire du vendredi soir n'est pas pour rien dans le succès du festival cette année malgré les retards accumulés sur le planning. Outre Krokus, Gotthard et Core22 qui se partagent la Wind stage, le groupe imérien, Dilem, se trouve être le premier a jouer sur la Sun stage et se débrouille plutôt bien. Le public chauffe, apprécie et les rappelle comme il se doit, mais il semble, d'après le leader, que le rappel était prévu. Krokus prend le relais, avec fougue et convaincu d'avance de leur succès, les soleurois font d'ailleurs durer leur plaisir de la scène et le communiquent à l'assistance. Petit intermède d'Izul, un groupe de Delémont rodé et déjanté avant le groupe le plus attendu semble-t-il. Car Gotthard n'a pas choisi de venir au Mont-Soleil pour donner un concert banal, ils ont décidé de faire grand, d'en mettre plein la vue, et surtout plein les oreilles. Les tessinois triomphent une fois de plus, comme partout où ils se produisent. Pas facile pour Jéronimo, un groupe liégois, de passer ensuite, il s'en tire pourtant suffisamment bien pour retenir les festivaliers si tard dans la nuit. Prévu à minuit et demi, Core22 (voir interview page suivante) enflamme encore son public à 2 heure du matin avec l'énergie qui lui appartient depuis toujours. Water Lily (CH) se voit la tâche de terminer la nuit avec les derniers rescapés d'une veillée d'enfer.

Et pour ne pas démordre à "plus ça va, mieux c'est", la 3ème nuit fut encore plus belle. D'abord la gagnante de la fête de la musique de La Chaux-de-Fonds a chanté toute sa vie, puis Kyo triomphe et prend possession de la scène et surtout du coeur des spectatrices et spectateurs durant plus d'une heure, qui a semblé trop courte tant leur musique hypnotise. Arno, artiste depuis si longtemps qu'il est doté d'un public de tout âge et de tout genre, a droit à une ovation. Le clou de la soirée, un enchantement venu de Corse, I Murvini raconte une histoire avec des mots qu'on ne comprend pas mais qu'on devine et nous emmène en voyage, un moment magique. Et puis du rock français bien empaqueté pour Daisybox qui joue sur une scène et dans une tente qui leur arrive à la cheville, bravo, aussi pour la tenue planning.

Avec près de vingt groupes et plus de 15'000 festivaliers sur 3 jours de concerts exceptionnels, la septième édition du Mont-Soleil Open Air Festival est une réussite, merci et vivement l'année prochaine.


Signé: Joanie Waelti