Rap, hip-hop I
La naissance d'une culture

Harlem
1970, essentiellement constitué de noirs américains, et dans une moindre proportion de latino-américains, Harlem est un quartier qui devient le centre d’un mouvement intellectuel (hip-hop) mené notamment par la population noire.
Aujourd’hui, Harlem est devenu un quartier socialement défavorisé où des taudis côtoient des complexes d’habitation moderne ainsi que des bureaux, le rap y sévit toujours et prend position pour la cause minoritaire.

Le rap
Originaire de l’argot américain, rapper signifie "bavarder", "jacter". Ce style de musique apparu aux Etats-Unis vers le milieu des années 1970, et développé par les noirs américains du ghetto d’Harlem. Après le disque précurseur des Last Poets en 1970, cette musique à l’origine sans instrument et sans mélodie consiste à scander un texte, sur le mode des joutes verbales. Dérivé du Hip-Hop, le rap représente une communication verbale, des cris du cœur et de l’espoir qui restent un moyen de "contre information" vis à vis de certains médias qui dévoilent sous un tout autre aspect l’allure que les événements sociaux doivent porter. Le rap s’adresse donc à sa populace issue de la fracture sociale afin de lui faire prendre conscience d’un potentiel et des véritables problèmes qui existent.

Vers le milieu des années 1980, ce phénomène né du ghetto américain favorise le développement de sa culture dans un autre terreau, presque similaire à celui de son origine, les quartiers et les zones dites de non-droit en France. Le rap est alors le mode d’expression d’une jeunesse urbaine, confronté à la misère, à l’exclusion et après avoir été pendant quelques années souterrain (il le reste encore pour certain groupe dit de "l’underground"), il accède maintenant aux grands médias. On y trouve des tendances diverses, qui vont d’un style très travaillé littérairement, à une violence verbale débridée, la liberté d’expression coûtera donc très cher! La condamnation de certains groupes qui ont été censurés jette la lumière sur le phénomène de la violence verbale, et fait du rap l’objet d’un débat national, comme c’est depuis longtemps le cas aux Etats Unis. Pour ou contre le rap? La question est ailleurs, bien entendu, car la violence de certains rappeurs n’est jamais que l’écho d’une violence sociale. Le vrai problème, est de savoir comment la société résoudra la fracture dont le rap est l’expression, car loin des stéréotypes, le rap, même s’il est parfois vindicatif, reflète la violence d’une société à laquelle il est confronté.

La crise sociale, l’exclusion, les sans papiers, les bavures policières, le racisme le sexisme et toutes sorte de xénophobe…[assassin. (11’30 contre les lois racistes)] ne font pas l’objet d’un réel débat. Comment la crise sociale qui se caractérise dans les zones de non-droit est-elle retranscrite aux travers de phénomènes culturels?

 


Signé: Said Bourahla