Qui sont donc les véritables victimes de la mode?

L'hiver est arrivé et comme chaque année il a apporté avec lui les gros manteaux. La tendance 2002 est à la fourrure sous toutes ses formes, déclinée en jupes, en gilets, en manches…Tous les créateurs l'ont adoptée lors des défilés automne-hiver 2002-2003, même les plus grands tels que Jean-Paul Gaultier, Dior ou Givenchy.

Nous pouvons alors nous demander où sont passé les tops models internationaux qui au début des années 90 posaient nues en utilisant le slogan "Plutôt nues qu'en fourrure" pour cacher leurs parties les plus intimes? Aujourd'hui, se sont les mêmes qui se déhanchent sur les podiums, enveloppées dans ce qui reste d'animaux torturés pour soi-disant faire de la mode. Cet hiver la fourrure est "tendance". Plus qu'un signe extérieur de richesse, elle est devenue un vêtement indispensable à toute "fashion victim" qui se respecte. Mais qu'y a-t-il de si respectable à porter le symbole de la souffrance sur soi?

Depuis de nombreuses années, le trafic d'animaux est considérable et il ne fait malheureusement qu'accroître. C'est en Chine qu'il se développe le plus, où les animaux sauvages ne suffisant plus à faire face à une demande croissante de fourrure, des chiens et des chats sont désormais également sacrifiés. Au-delà du fait de tuer des animaux, ce sont les conditions dans lesquelles ceux-ci vivent avant leur exécution qui sont eux-mêmes condamnables. Tous les animaux, que ce soit des espèces protégées ou non, sont enfermés dans des cages trop petites pour eux, l'hygiène est inexistante et ils n'ont d'autre alternative que d'attendre leur exécution dans des conditions exécrables.

Un seul manteau demande la mort de dizaines, voir de centaines d'animaux, c'est dire combien de ces êtres vivants sont tués chaque année pour réchauffer des femmes dont le seul signe extérieur de richesse est la cruauté. Après leur capture, les animaux condamnés sont exécutés par électrocution (avec des câbles qu'on leur met dans l'anus ou la gorge), par empoisonnement ou bien par asphyxie.

Aujourd'hui pourtant de multiples textiles synthétiques pourraient remplacer la fourrure tant ceux-ci lui ressemblent au niveau du touché, du confort, et tant ils sont plus avantageux d'un point de vue financier. Alors pourquoi l'homme s'obstine t-il à faire du mal et à tuer? Sans doute est-il trop faible et lâche pour comprendre ses erreurs…

Heureusement, de nombreuses associations oeuvrent en faveur de la protection des animaux et donc contre le port de la fourrure. Mais comment celles-ci peuvent-elles avoir un impact et toucher les mentalités quand dans un même temps la mode nous donne une image positive et valorisante de ces actes barbares qui ont encore lieu au 21ème siècle dans notre société?


Signé: Katy Vila-Flor