Les arteplages côté sécurité

Rencontre avec Nicolas Christinet, chef de la sécurité sur l'arteplage neuchâtelois. Il m'accueille avec un large sourire et une franche poignée de main qui d'emblée nous mettent en bonne relation. Interview…

Chef des Securitas, c'est une vocation ou un travail passager pour vous ?
Tout petit, je jouais aux cow-boys et aux indiens avec mes copains donc je pense que j'ai toujours eu cette vocation dissimulée en moi. Les contacts avec les gens sont des choses que je privilégie dans la vie, c'est pourquoi lorsque le poste de chef des Securitas a été mis en candidature, je me suis jeté sur l'occasion. J'ai suivi beaucoup de filières avant ce travail et cela fait maintenant trois ans que je dirige mon personnel dont je tire beaucoup de satisfaction. Enfin, cela fait maintenant quatorze mois que je suis responsable de la sécurité à Expo.02.

Comment se déroule la journée en général ? Y'a t'il des débordements de certaines personnes sous l'influence de l'alcool ou encore des resquilleurs voulant tenter d'entrer sans billet ?
Cela se passe bien en général. Nous avons bien sûr souvent des petits problèmes mais ceux-ci sont réglés sans difficultés. Si on établit un rapport du nombre de visiteurs présents à l'Expo et le nombre d'incidents relatés jusqu'à ce jour, on se rend compte que ces derniers sont en dessous de la moyenne qui avait été calculée, c'est pourquoi nous croisons les doigts pour que tout se passe bien jusqu'à la fin de la manifestation.

Si oui, comment devez vous réagir envers ses personnes ?
Les gens sont bons-enfants en général, ils n'opposent pas de résistance et nous les raccompagnons gentiment à la sortie. Nous ne voulons pas faire de l'arteplage un bunker mais un espace convivial où chaque visiteur puisse se sentir à l'aise. Nous savons aussi faire preuve de tact et de souplesse envers les fauteurs de troubles. Mais en général, ces cas ne sont jamais très graves et les problèmes se dissipent très rapidement.

Quels ont été les incidents les plus graves jusqu'à maintenant ?
Le principal accident s'est produit au mur de grimpe où un visiteur s'est cassé la jambe. Nous traitons environ septante cas sanitaires par jour et la plupart appartiennent à la "bobologie", c'est à dire des piqûres d'abeilles, des insolations, des coups de soleils, etc… Nous touchons à nouveau du bois pour qu'il n'y ait aucun accident grave d'ici la fin d'Expo.02.

Et qu'en est t-il de la surveillance maritime ?
Nous avons en permanence deux bateaux en patrouille. Le premier s'occupe de la sécurité du périmètre de l'arteplage et le second est un bateau de sauvetage dont la mission consiste à intervenir en cas de problème avec un nageur. De plus, trois surveillants, juchés en haut de chaises "d'arbitres" sur la plate-forme, sont sur le qui-vive et peuvent intervenir à tout instant. Le secteur maritime est ainsi sous grand contrôle, vous en conviendrez.

Pourriez vous me citer quelques directives de l'Expo.02 à propos de la sécurité ?
Nous avons eu affaire avec un état major de la sécurité qui donne une attention aux différents groupes de sécurité d'Expo.02. Le concept était d'analyser les risques potentiels et de créer le dispositif de sécurité selon les exigences de l'état major. En bref, tous les problèmes qui auraient pu accourir ont été planifiés d'avance et leurs solutions également. Tout est donc question de prévoyance, d'intervention rapide et le reste suit normalement.

Quels sont les secteurs couverts par les Securitas sur l'arteplage neuchâtelois ?
L'arteplage est un domaine privé dont nous sommes les seuls responsables. Nous n'intervenons qu'à l'intérieur de celui-ci mais nous devons aussi nous porter garants des personnes qui quittent notre secteur. Par exemple, si des noctambules sortants du Cargo font du tapage nocturne près des habitations à l'orée de l'arteplage, nous nous devons d'intervenir car nous sommes en partie responsable de ces visiteurs qui étaient il y a peu sous notre surveillance. Nous demandons simplement que les gens soient corrects en sortant du Cargo.

Le stress fait-il partie de votre quotidien ou bien celui est-il "paisible" ?
Malgré l'anticipation, le stress fait partie du job. Je suis quelqu'un qui aime l'adrénaline et celui qui n'aime pas le stress n'est pas fait pour ce job. Les situations sont imprévisibles, la journée peut être paisible et soudain la situation peut évoluer rapidement. Il faut en tous les cas faire preuve d'une bonne capacité d'analyse et être vif d'esprit.

Comment définiriez vous en trois adjectifs un Securitas ?
Je dirais que le comportement de base d'un bon Sécuritas serait d'être AIMABLE, SERVIABLE et EFFICACE.

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Signé: Matias Sancho