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L'Arteplage mobile du Jura (AMJ) fait aujourd'hui son entrée
en scène. Juri Steiner, Pirate en chef et accessoirement
historien de l'art zurichois, n'attend qu'une chose: un plaisir
du public à la hauteur du sien.
L'AMJ fait aujourd'hui son entrée officielle dans le
programme d'Expo.02. Dans quel état d'esprit?
Juri Steiner : Avec l'anxiété précédant
une première. Mais nous sommes prêts, le moment est
souhaité par l'équipe. Nous voulons cette première
et entrer dans le jeu!
Quel rôle allez-vous jouer dans la vie de l'Expo?
Nous sommes un peu son livre de bord, amené à se
développer au fil des mois. Un livre de bord qui écrit
aussi l'histoire de l'Expo en l'accompagnant, en s'y intégrant,
en s'impliquant grâce à sa mobilité physique
et de l'esprit.
En tant que meneur en chef de cette aventure, qu'en attendez-vous?
Le projet est devenu réalité. Le vent, le soleil,
les coups de soleil, nous allons vivre une aventure plus forte
encore, avec une équipe de quarante personnes qui ne voit
pas son engagement comme un job, mais se donne corps et âmes!
Et plus intimement, quel est votre plus beau rêve pour
ces cinq mois?
La semaine dernière, c'est une sorte de frénésie
qui nous a envahi lors d'une attaque sonore sur Yverdon et son
Nuage. Un moment surréaliste et pourtant bien réel.
Ces instants-là, notre rêve est que le public puisse
les vivre aussi intensément.
Le bateau a connu quelques maladies d'enfance - moteur inondé,
vitre du bar brisée, homologation tardive. C'est oublié?
Tous ces problèmes ont été réglés
rapidement. Et tous sont intervenus durant la phase de test. C'est
une bonne chose. Le bateau a gagné en fiabilité.
Quel bilan tirez-vous de ces deux années de préparatifs?
Nous avons vécu une suite folle de périodes intenses
avec des corps de métier à chaque fois différents.
Et j'ai eu le privilège de me trouver au centre de cette
tornade! C'est une immense chance de rencontrer des gens et de
se faire des amitiés fortes au travers d'une tâche
où faire de l'argent n'est pas l'objectif.
Faut-il assimiler l'AMJ à un arteplage peuplé
de jeunes contestataires?
Certainement pas! J'ai longuement parlé avec le représentant
d'un journal pour le troisième âge. Il estime que
l'AMJ est parfait pour ses lecteurs! Le troisième âge
cherche le contact avec la jeunesse. Il faut aussi voir que notre
programme peut être lu à plusieurs niveaux. Nous
organisons par exemple un Bingo. Jeu pour les anciens par excellence,
qu'on peut également voir avec humour. Robert Frank et
Jean-Luc Godard ont aussi leur place sur l'AMJ. Et ce sont les
grands-pères de l'avant-garde!
Le sous-commandant Marcos a-t-il donné suite à
votre invitation?
Non. Mais nous ne sommes pas les seuls sans nouvelles de sa part.
Il semble qu'il se soit retiré vraiment
Mais l'invitation
tient toujours. Elle relève de l'intérêt journalistique
et culturel. Marcos est un poète et un écrivain,
un personnage très complexe qui concentre les paradoxes
d'aujourd'hui.
Quelles sont les autres personnalités attendues?
De nombreuses sont invitées. Tout dépendra de leur
volonté sur le moment. Nous avons Martin Heller par exemple,
qui vient lire des textes de Che Guevara lors de notre première
sortie de pleine lune. Dans le même temps, notre pilote
Jean Didier Bauer racontera la période d'avant Castro.
Il pilotait alors des bateaux entre l'Europe et Cuba...

Débat sur l'AMJ lors de la purification
du 9 juin avec un gâteau du Che en arrière plan (Photo: Joanie Waelti)
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